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Sunday, December 10, 2017

Le mouvement étudiant malmené

by Litee (writer), Paris, 7eme arrt, November 13, 2007

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Les étudiants contre le blocage des universités ont eux aussi décidé de faire entendre leur voix, et de se rebeller, pour faire respecter leur droit à l'éducation. Témoignage.

Les grèves étudiantes ne cessent de prendre de l'ampleur dans toute la France, provoquant le blocage de nombreuses universités. Si l'agacement des grévistes est très bien ressenti et retranscrit par les médias, le ras-le-bol des étudiants cherchant à travailler se fait plus discret.

Une étudiante en histoire et science politique a malgré tout décidé de prendre les armes, et pour celà a écrit une lettre a Valérie Pécresse, relatant la noouvelle vie étudiante depui s le blocage de Paris 1.

"Madame la ministre,

Étudiante en bi-licence histoire sciences politiques à l'université Paris 1, sur le site de Tolbiac, je fais partie des étudiants désespérés par les blocages.(...) J'essaye d'être la plus objective possible.

Depuis le début de l'année scolaire, les étudiants se voient sans cesse distribuer des tracts pour des Assemblées Générales. Bien que de bord politique différent, je suis allée à plusieurs, pour m'informer de la situation.
Vers la mi-octobre, ces AG se sont faites plus nombreuses, se déroulant toujours de la même façon : quelques élèves, dans un amphi, rappellent le vote de la loi dite d'autonomie des universités et embrayent dessus, chacun pouvant en théorie intervenir librement, avec un temps de parole d'environ trois minutes. Mais en réalité, ce sont, bien évidemment, toujours les mêmes qui parlent, des « leaders » des mouvements actuels. Ils sont préparés, connaissent leur sujet, et manipulent très bien la foule (j'ai lu Psychologie des foules, de Gustave LE BON, il est très facile d'analyser le déroulement de ces AG). Soit. Mais ils s'égarent tout de même en parlant de trop nombreux sujets pour pouvoir être un mouvement solide (loi Hortefeux, cartes étudiantes... tout est mélangé). (...)

Les étudiants ont voté le principe de grève.
(...)Ce n'est même pas une question de politique, puisque les avis sur la loi dite d'autonomie des universités sont partagés. Si, personnellement, je trouve votre loi nécessaire à un renouvellement de la méritocratie et une revalorisation des diplômes, d'autres ne partagent pas mon avis. Ces élèves pensent avant tout à la mise en place d'un texte alternatif, sorte d'écrit inter-universitaires, avec la participation des différents syndicats étudiants, mais sont contre le principe de blocage, qui décrédibilise les mouvements. (...)Il est difficile à croire que des étudiants grévistes puissent simplement se contenter de bloquer, en empêchant les autres de travailler.

Aux AG, les élèves osant prendre la parole ne le font même pas pour défendre leurs convictions politiques, il s'agit seulement de personnes contre le principe de blocage. Le seul fait de s'y opposer entraîne une réputation de fasciste, quelque que soit la tendance politique à laquelle on appartienne. (...)

(...)Enfin, une autre évidence s'impose d'elle-même : le blocage et la grève étudiante sont totalement illégaux.

(...)À Tolbiac, nous n'avons pas pu avoir cours depuis le mardi 30 octobre, et nous ne pourrons probablement pas avoir cours jusqu'à mardi prochain (13 novembre) au moins, date de la prochaine AG. Comme celle-ci tombe le même jour que la grève des transports, inutile de dire qu'il y a de fortes (mal)chances que la grève avec piquets soit reconduite.

J'attire votre attention, madame la ministre, sur une actualité que vous ne connaissez malheureusement que trop bien. (...)Comme vous l'avez fait remarquer dans les médias, ce sont les étudiants qui pâtissent de cette situation, et nombre d'entre nous n'aurons pas leur semestre, voire leur première année, à cause de cela. (...)Il est inacceptable qu'une minorité puisse paralyser complètement, et de surcroît de manière illégale (sic !), la vie de notre université.

En espérant votre rapide intervention, qui permettrait un rapide retour à un rythme de cours normal, ainsi que le rattrapage, dans des conditions décentes, du retard causé par la durée de l'occupation de notre université, je vous présente, madame, l'expression de mes sentiments respectueux,

Une étudiante non syndiquée, mais néanmoins engagée,
C.B."

Totalité de cette lettre : http://kartanews.skyblog.com
Photo : Michel Gangne AFP : Des étudiants devant les locaux de l'université d'Aix-Marseille 1


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2 comments on Le mouvement étudiant malmené

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By bennyben on November 20, 2007 at 01:17 pm
Je sais que ce n'est qu'avis personnel, mais sans greve etudiante (illegale soit disant), mai 68 n'aurait pas eu lieu... Apres parler di "minorite", c'est toujours facile, la question est de se poser si la minorite en question fait une chose qui est juste ou non. Et que ces etudiants apprennent a se debrouiller tout seuls, que les libres existent, qu'il y a d'autres pays ou les etudiants doivent travailler pour se payer leurs livres et qu'aller en cours est un luxe. Pourquoi ils font pas la fete comme tout bon etudiant ? :)
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By Annonymous on November 23, 2007 at 08:44 pm
Je ne pense pas en effet que l'on puisse juger de la légitimité de la grève (chacun est juge de celà selon son opinion propre) le problème est plutôt d'empêcher des élèves non gréviste de suivre normalement leur cours!... Si les grévistes ne respectent pas le souhait des élèves, est-il normal de respecter leur grève ? Je trouve plutôt que celà décribilise leur mouvement!
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